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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Charlie Hebdo : Riss justifie sa caricature, droit dans la tradition d’humiliation des opprimés (Philippe Alcoy)

3 Juin 2018 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Islamophobie

Le dessinateur Riss a voulu justifier son dessin raciste sur une militante de l’UNEF portant le voile dans une petite note dans Charlie Hebdo. Il ne fait qu’étaler davantage son cynisme réactionnaire et une logique héritée du colonialisme français.

La petite note de Riss se divise en deux parties. La première essaye de dévier l’axe de la discussion et l’amener sur celui de la « liberté d’expression » en se basant sur un supposé « sens commun » de l’exposition médiatique des « personnages publics ». Ainsi, il y écrit : « du moment où un citoyen s’engage dans la vie publique (…) il devient un personnage public. (…) on entre alors dans la sphère publique et il faut accepter les règles ».

Sauf que si la caricature a suscité nombre de critiques, ce n’était pas pour reprocher à Riss d’avoir dessiné quelqu’un mais par le caractère raciste du dessin lui-même. Et cela n’a rien à voir avec l’exposition des citoyens « engagés dans la vie publique ».

Rappelons que Riss s’attaque dans sa caricature à une jeune femme de 19 ans et lui inflige une humiliation complètement raciste : ses traits rappellent ceux d’un singe, tirant la langue et en bavant, un visage de « stupide », le tout couronné d’un voile sur la tête. Et cela est fondamental. C’est le fait que cette militante porte le voile qui a incité Riss à faire cette caricature digne des caricatures antisémites des années 1930.

Ce que beaucoup reprochent à Riss, ce n’est pas d’avoir dessiné cette militante mais le fait d’avoir voulu lui « faire payer », à travers une tentative d’humiliation publique et massive, le fait d’être musulmane et de porter un voile tout en « prétendant » participer à la vie publique en étant présidente locale d’un syndicat étudiant.

En essayant de justifier son droit à l’humiliation raciste, Riss explique ensuite : « si [les règles de l’exposition publique] ne conviennent pas au citoyen, il lui est toujours possible de rester tranquillement chez lui, là où personne ne viendra le dessiner ». Encore une affirmation cynique pour justifier l’acharnement contre une jeune femme appartenant à une confession minoritaire en France – dont l’histoire d’oppression coloniale et impérialiste est légendaire.

Mais Riss n’est pas à son coup d’essai quant à l’humiliation et à la diffusion de préjugés racistes contre des minorités opprimées en France et en Europe. Il dit que la solution est de rester chez soi « où personne ne viendra vous dessiner ». Mais dans ce cas-là, le petit Aylan de trois ans, mort noyé dans la Méditerranée avec ses frères et sa maman en essayant de rejoindre les côtes européennes, qu’avait-il demandé pour mériter un dessin xénophobe de la part de Riss ? En effet, le dessinateur avait fait une caricature où on pouvait voir des hommes, à la tête de cochons, représentant des migrants poursuivant des femmes, avec une inscription « que serait devenu le petit Aylan s’il avait grandi ? » et en dessous la réponse : « Tripoteur de fesses en Allemagne ».

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lefllcoh 06/06/2018 15:40

Vous êtes ridicules...