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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Le cas Mehdi Meklat, tout permettre mais pas à tout le monde.

9 Mars 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Racisme, #Islamophobie, #Quartiers populaires

Fin février, l’affaire Mehdi Meklat battait son plein médiatique. Au début, il y avait des tweets de Marcelin Deschamps, noyés dans l’écume des réseaux sociaux.

Des tweets qui refont surface quand Mehdi Meklat, ancien journaliste du Bondy Blog devenu petit prodige de l’édition, avec son co-auteur Badrou, reprend son identité, tuant ainsi son « double maléfique ».

Retour sur ce que dit cette séquence. Et surtout ce qu’elle dit en filigrane.

Retour sur les tweets d’abord. « Faites entrer Hitler pour tuer les juifs » ; « Je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie Hebdo » ; « Vive les PD Vive le Sida avec Hollande »…

Faut-il plus revenir sur ces 30 000 à 50 000 tweets en 140 signes brûlants, dévastation de haine contre tous et chacun. Raciste, homophobe, misogyne.

Ensuite, il y a eu l’explication donnée par Mehdi Meklat. Il alléguait d’un « jeu » (je ?), d’une volonté de «perturber un monde trop lisse ».

Ce tortueux chemin de Canossa 2.0, donne :

« Jusqu’en 2015, sous le pseudo  »Marcelin Deschamps », j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter. À travers Marcelin Deschamps, je questionnais la notion d’excès et de provocation. Mais aujourd’hui je tweete sous ma véritable identité. Les propos de ce personnage fictif (Marcelin Deschamps) ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l’inverse. Je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes ».

Si le « cas Meklat » est un symptôme éruptif, quel en est donc le corps malade ?

L’impensé d’une affaire

Très vite, l’oreille s’est dressée, étonnée. D’abord quand Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde, incidemment interrogé sur France Culture à propos de cette affaire, a sentencieusement posé que « cela est ravageur, pour le Bondy blog, pour les gens issus de l’immigration, pour la banlieue. C’est un choc aussi profond que les emplois fictifs de Fillon ».

Pourquoi les gens issus de l’immigration, la banlieue, devraient-ils se sentir concernés par les écrits de Mehdi Meklat, comme le suggère l’éditorialiste du Monde ?

En quoi les représente-t-il ? En quoi ont-ils indiqué qu’ils se reconnaissent dans ses écrits ? En quoi une unité de lieu de vie ou d’origine fait-elle une unité de pensée, d’un tas pluriel un tout organique, solidaire ?

Est-on encore là devant l’injonction qui somme à dire « nous », celle qui collectivise les fautes des uns et mutualise les erreurs des autres ? Mais autonomise évidemment, en cas singulier, méritoire, presque miraculeux, les réussites de certains ?

Et puis, pourquoi condamner à tout bout de champ le communautarisme supposé des banlieues et dans le même mouvement empêcher qu’une voix issue de ces banlieues puisse être autonome et unique ? Personnelle. Libre.

Qui communautarise si ce n’est ce regard englobant que le journaliste du Monde et d’autres avant lui posent sur « les-gens-issus-de-l’immigration ».

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